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le Sanciau

Message : 15

Date : Mon, 19 Jul 2004 09:27:00 +0200

De : Jacques C.

Objet : Sanciau

Recette de " Tata Berthe " :

Un verre de farine

Un verre de lait

Un œuf

Un peu de sel

Cuire des deux côtés dans du beurre

A déguster avec de la confiture .... Miam ! Miam !

Denise C.

 


 

Message : 2

 

Date : Mon, 19 Jul 2004 19:31:24 +0200

 

De : "Bruno.M.

 

Objet : le sanciau

 

Bonsoir

 

Saviez vous qu'il avait existé une revue " La France à table " Gastronomie" et tourisme qui existait dans les années 50, le numéro 38 est consacré au Bourbonnais.

 

On y trouve cet article très drôle, écrit par J.Belot, que je vous livre.

 

Il s'intitule

 

"Le Sanciau "

 

"Le Sanciau" est une association de l'élite des Bourbonnais de Paris, appartenant aux professions libérales ou administratives, à l'industrie et au commerce.

 

Il doit son nom à un mets essentiellement Bourbonnais, " Le Sanciau " crêpe épaisse faite de farine, "d'un peu de lait et de beurre et agrémenté souvent de quelques jaunes d'œufs battus avec le mélange: celui-ci est étendu en couche de quelques millimètres sur une poêle chaude et sauté jusqu'à consistance solide; on le nomme matfin en Bourgogne, Farinade en Auvergne. Il est un plat courant des paysans bourbonnais qui le mangent avec de la salade: les bourgeois ne le dédaignent pas.

 

L'association amicale fondée en 1892 par le Colonel Laussedat, alors Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers ne comprenait que des hommes et se réunissait deux fois l'an en un dîner simple et amical, dans des restaurants variés.

 

On revivait, en petit comité, les souvenirs de jeunesse. Le Professeur Cornil succéda au Colonel Laussedat et grâce à son affabilité bien connue, vit s'augmenter le nombre

 

des adhérents que la guerre de 1914 dispersa pour longtemps jusqu'à ce que Chaumat, successeur de Cornil, aidé de Gaston Delorme put regrouper quelques-uns des Bourbonnais.

 

Mais malgré leurs efforts, le Sanciau périclita parce que les jeunes n'y trouvaient pas les éléments de gaieté dont la guerre avait créé le besoin.

 

C'est. alois que par une manœuvre amusante, Le Docteur J. Belot montra, à un banquet tenu sur la péniche Joffre, combien le Sanciau serait plus vivant et plus attachant si les femmes étaient admises dans la Société.

 

Il rencontra d'abord des résistances de la part de quelque vieux membres qui venaient au Sanciau pour échapper à la férule conjugale; mais Chaumat fit voter la réforme en 1924 et le Sanciau qui agonisait retrouva une vie nouvelle.

 

Marcel Régnier, J. Belot, L. Lamoureux, se succédèrent à la Présidence, donnant chacun un essor nouveau aux réunions où les toilettes claires et élégantes rompaient la monotonie des habits noirs. Des numéros attrayants, une revue Bourbonnaise, des chants folkloriques, avec vielles et cornemuses, une loterie et enfin un bal plein d'entrain furent successivement organisés par ceux qui voulaient voir grandir la Société.

 

Mis en sommeil pendant la dernière guerre et l'occupation, il prit un essor nouveau avec Château et Perrin, l'actuel Président.

 

Il se réunit deux fois l'an, l'hiver en un banquet avec sauterie, l'été une garden-party rappelle la terre bourbonnaise. Le dernier dîner réunissait plus de 200 convives à l'Astoria, car le Sanciau, après avoir erré aux différents coins de Paris, s'ébat maintenant sur la rive gauche, au voisinage de Saint-Germain- des-Prés dont il n'a conservé que le souvenir littéraire.

 

Des sommités politiques, littéraires, magistrats et professeurs, ont souvent honoré de leur présidence les banquets traditionnels; après le Président du Conseil Bidault originaire de Moulins, ce fut le Procureur Général près la Cour de Cassation Antonin Besson de Marthe Ray qui célébra les charmes du Bourbonnais son pays d'origine.

 

Grâce à la bonne volonté de chacun, au charme des réunions où se retrouvent des amis, enfants de cette vieille Province Bourbonnaise, le Sanciau continue et voit grandir chaque année, le succès de ses fêtes. Il le doit à ce qu'il est, sans prétention, sans snobisme, une réunion de "bons gars" comme on dit en Bourbonnais. On peut trouver dans les vers d'une chanson de Pradel, un savant Bourbonnais, artiste et poète à ses heures; une des raisons de ce succès:

 

Car le Bourbonnais:

 

Ayant Paris pour espérance

 

Et la Bourgogne à ses confins

 

Il boit en attendant sa chance

 

Rêvant d'amour et de bon vin

 

 

 

N'est-ce pas un beau programme? "

 

Bruno